Difficultés d’implémentation du Système Comptable des Entités à But Non Lucratif (SYCEBNL) dans les projets de développement au Cameroun
DOI:
https://doi.org/10.5281/zenodo.21711903Keywords:
Implémentation ; Obstacles ; Projets de développement ; OHADA.Abstract
Le Système Comptable des Entités à But Non Lucratif (SYCEBNL), entré en vigueur en zone OHADA en janvier 2024, comble le vide normatif qui prévalait pour les associations, fondations, ONG et projets de développement depuis leur exclusion du champ du SYSCOHADA révisé de 2017. Cette étude vise à identifier et à analyser les difficultés liées à l’implémentation du SYCEBNL dans les unités de gestion des projets de développement au Cameroun. Pour y parvenir, une étude qualitative de type interprétativiste a été menée auprès de quatorze acteurs (dix responsables financiers et comptables de projets de développement et quatre auditeurs externes), à travers des entretiens individuels semi-directifs réalisés entre février et mars 2024, complétés par une analyse documentaire des états financiers produits avant et après la réforme. Les données ont été traitées par analyse de contenu thématique. Il ressort de cette analyse quatre obstacles majeurs à l’adoption du référentiel : le coût de la mutation comptable, cité par 79 % des répondants ; la réticence individuelle et organisationnelle au changement (64,3 %) ; la complexité de certaines dispositions normatives, notamment la difficulté à concilier les exigences fiscales locales et les standards internationaux (21,4 %) ; et la diversité des exigences imposées par les bailleurs de fonds (14,2 %). Ces résultats, lus à la lumière de la théorie néo-institutionnelle, révèlent que l’adoption du SYCEBNL répond autant à une logique de coercition institutionnelle qu’à une recherche de légitimité, tout en se heurtant à un isomorphisme normatif au sein des unités de gestion. Ils rejoignent, dans une large mesure, les difficultés déjà relevées par Wandji et Ninyum (2021) lors de la mise en œuvre du SYSCOHADA révisé, suggérant l’existence d’un profil récurrent de résistance aux réformes comptables au sein de l’espace OHADA. Des recommandations sont formulées à l’endroit de l’État, des préparateurs de comptes et du normalisateur OHADA afin de favoriser une appropriation effective du référentiel par les acteurs de terrain.
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